Avenir de la régie de l’eau

L’évolution des normes, les coûts d’exploitation, la baisse des taux de subvention sont à même à moyen terme de mettre à mal notre capacité à conserver l’eau en régie municipale. Or c’est un point sur lequel nous serons intransigeants, il n’est absolument pas question de «perdre» cette régie publique, nous y tenons et la défendrons bec et ongles. C’est une question d’éthique, de posture politique et, in fine, de logique économique. Nous savons tous ce qu’il advient des réseaux d’eau lorsqu’ils sont privatisés, sur la première phase du contrat, «tout va bien», au premier renouvellement le prix au m³ explose. Des grandes villes, comme Montpellier, viennent de résilier leur contrat avec des entreprises privées pour reprendre en main la gestion de leur distribution en eau.

Quelle solution alors lorsque « tenir seul » devient difficile ? La solution nous semble se trouver dans la mutualisation avec les communes avoisinantes, membres de la même communauté de communes que nous, afin, non seulement d’être en mesure de « peser » plus efficacement sur les organismes financeurs, mais également de partager une ressource que la décence commune nous interdit de conserver égoïstement.

Cabrières s’est trouvé en réelles difficultés dernièrement et c’est spontanément que les communes voisines ont favorisé un pompage supplémentaire dans leurs ressources pour permettre à des camions de s’approvisionner et de distribuer de l’eau à ceux qui en manquaient. Cela nous semble normal, devrions-nous agir autrement quand nos voisins sont en difficulté ?

Or en ce moment nos infrastructures ne nous permettent pas d’apporter une aide élémentaire à nos voisins et nous sommes loin d’avoir les moyens de modifier seuls notre adduction d’eau. Si nous décidons de rester seuls sur notre réserve d’eau, nous serons également seuls en « cas de pépin ». C’est un choix, humain, stratégique, ce sont des décisions qui doivent se prendre pour le long terme afin d’assurer la pérennité et l’indépendance de notre distribution d’eau, pour que nos descendants soient assurés de pouvoir encore disposer librement de cet « or bleu ».